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Avis Xteink X4 Pro : la liseuse qui tient dans la poche

Une liseuse de 72 grammes qui se glisse dans un jean et se colle au dos d'un téléphone : sur le papier, l'objet est irrésistible. Avant de céder, il faut regarder ce qu'on accepte de perdre en échange.

Xteink X4 Pro posée à plat sur une table de café en bois clair, une page de roman affichée sur son écran e-ink
Xteink X4 Pro noire, liseuse de poche à encre électronique de 4,3 pouces, vue de face avec une page de texte affichée
Xteink

Xteink X4 Pro

La Xteink X4 Pro est une liseuse de poche au sens strict : 72 grammes, 4,3 pouces, moins de 6 millimètres.

Écran E-ink 4,3 pouces, 219 ppi, tactile (noir et blanc)
Éclairage Frontal, réglable en intensité et en température de couleur
Formats lus EPUB et TXT sans DRM, images JPG et BMP (ni Kindle, ni Kobo, ni MOBI)
Stockage Carte microSD 16 Go fournie, extensible jusqu'à 256 Go

La Xteink X4 Pro, c'est l'objet qu'on croise sur les réseaux tenu entre deux doigts, avec un commentaire du genre « j'ai arrêté de scroller grâce à ça ». Une liseuse de 4,3 pouces, 72 grammes, qui se glisse dans une poche de jean et se colle au dos d'un téléphone.

Mon angle, je vous le donne tout de suite : le format n'est pas le sujet. Je vis en sac à dos, je compte chaque gramme, et une liseuse de la taille d'un paquet de cartes coche évidemment toutes mes cases. Ce qui décide, ce sont les trois renoncements qu'il faut accepter en échange, et personne n'en parle avant l'achat.

Voici donc ce qu'elle vaut, ce qu'elle coûte réellement une fois posée chez vous, et pour qui elle est faite.

Une liseuse qui ne sait faire que lire

Le plus simple, c'est de la décrire par ce qu'elle n'a pas. Pas d'applications, pas de boutique, pas de navigateur, pas de notifications. Le Wi-Fi est là, mais il ne sert qu'à transférer des fichiers. Vous allumez, vous lisez, vous éteignez.

Ce dépouillement, c'est ce qui permet le format. 111 × 69 millimètres, 5,95 d'épaisseur, 72 grammes : un Kindle Paperwhite pèse près du triple et demande une poche de manteau. La X4 Pro, elle, tient dans un jean sans qu'on la sente, et des aimants intégrés la fixent au dos d'un smartphone quand on veut l'avoir sous la main.

L'appareil en main, à l'échelle réelle : la bibliothèque, puis la descente dans les réglages jusqu'au remappage des boutons latéraux.

L'usage qu'elle vise n'est pas la lecture du dimanche après-midi dans un fauteuil. C'est la lecture opportuniste : les dix minutes dans le métro, la file d'attente, le café avant un rendez-vous. Ces moments où on sort son téléphone par réflexe. Si la Boox Palma 2 répond à ce besoin en ouvrant Android et en acceptant toutes les applications de lecture, la Xteink prend le pari inverse : elle ferme tout, et coûte trois fois moins cher.

Ce que la version Pro apporte vraiment

La gamme X4 existait déjà, sans éclairage ni tactile. La Pro, sortie en juillet 2026, ajoute exactement ce qui manquait.

L'éclairage frontal réglable est le vrai apport, et il change la nature de l'objet. Intensité et température de couleur se dosent toutes les deux, ce qui reste rare dans cette gamme de prix. Sans lui, la liseuse était inutilisable dès que la lumière baissait, ce qui condamnait la moitié des usages de lecture (lire au lit, en avion, dans un train le soir). Avec, elle devient un vrai compagnon de fin de journée.

L'écran tactile arrive en renfort des boutons physiques, qui restent là. On appuie sur la moitié gauche ou droite de la dalle pour tourner les pages, et le geste devient naturel au bout de quelques minutes. La batterie double au passage, de 650 à 1100 mAh, ce qui absorbe sans peine le coût de l'éclairage : on reste sur plusieurs semaines entre deux charges.

Écran d'accueil de la Xteink X4 Pro tenue en main, couverture de livre et progression de lecture affichées

Le tactile de la Pro sert d'abord à naviguer : on fait défiler les couvertures au doigt, avec le temps de lecture restant et la progression sous celle qui est ouverte.

Un mot sur le reste de la gamme, parce que la situation a bougé cet été. Xteink a annoncé le 12 août 2026 l'arrêt de la X4 d'origine, écoulée et non reconduite. Sa remplaçante, la X4 Classic V2 à 79 dollars, est elle aussi en rupture sur toutes ses finitions début septembre.

Post publié par @xteink sur Threads.

Voir le post sur Threads
Xteink annonce l'arrêt de la X4 le 12 août 2026, sans reconduction.

La Pro se retrouve donc à peu près seule en rayon, ce qui simplifie le choix autant que ça réduit les options. Détail savoureux au passage : la X4 arrêtée était la dernière de la gamme à se recharger en USB-C (la marque est donc passée aux broches magnétiques en montant en version, drôle de façon de progresser).

Le mur des DRM, et il décide de tout

Voilà le point qui élimine la majorité des acheteurs potentiels, et il vaut mieux le savoir maintenant que le découvrir en déballant le colis.

La X4 Pro lit l'EPUB et le TXT sans protection, plus quelques formats d'image. C'est tout. Ni MOBI, ni PDF natif, et surtout aucun fichier protégé. Vos achats Kindle sont verrouillés par les DRM d'Amazon, vos achats Kobo par ceux d'Adobe : les deux resteront fermés sur cet appareil, définitivement.

Ce n'est pas un défaut de jeunesse qu'une mise à jour corrigera. C'est la définition même de l'objet : une liseuse pour une bibliothèque personnelle en formats ouverts. Le domaine public via Project Gutenberg ou Gallica, les achats chez les éditeurs qui vendent sans DRM, les fichiers rangés sous Calibre. Dans ce cadre, elle fonctionne parfaitement.

Deuxième conséquence du format : à 4,3 pouces, la BD, le manga et le PDF sont hors sujet. C'est une liseuse à romans, et à texte uniquement.

Le connecteur propriétaire, le caillou dans la chaussure

C'est le reproche numéro un des possesseurs, et il est mérité. La X4 Pro ne se recharge pas en USB-C. Elle utilise un connecteur magnétique à broches avec un câble propriétaire fourni, petit, qui se détache au moindre mouvement et se perd très bien tout seul (le genre d'objet qu'on retrouve six mois plus tard au fond d'un sac, une fois qu'on en a racheté un).

Le modèle de base était pourtant en USB-C. Le passage aux broches sur la version Pro est un choix de conception qui pose deux problèmes concrets : vous ne pouvez pas emprunter le câble de quelqu'un d'autre, et vous ne pouvez pas la charger avec la batterie externe et le câble que vous avez déjà dans le sac. Pour un objet dont l'argument principal est de vous suivre partout, c'est une contradiction.

Notons au passage que la réglementation européenne impose l'USB-C sur les appareils électroniques depuis fin 2024, ce qui place ce choix dans une zone inconfortable pour une commercialisation dans l'Union.

Le logiciel d'origine fait le minimum

Le logiciel installé par défaut fait le minimum, parfois moins. Deux polices seulement, des tailles de caractères peu généreuses, et pas de dictionnaire intégré. Les mises à jour récentes ont amélioré les choses (césure, italiques, une quinzaine de langues d'interface, jusqu'à cent marque-pages), mais on reste sur une base pauvre.

Rien de rédhibitoire pour enchaîner des romans. Juste de quoi comprendre pourquoi ce logiciel se fait remplacer aussi souvent.

Sous l'écran, un ESP32, et une scène entière autour

Voilà ce qui rend cet objet plus intéressant qu'il n'en a l'air. Sous la dalle, il n'y a pas le système fermé d'un fabricant de liseuses : il y a un ESP32, le microcontrôleur à quelques euros qu'on retrouve dans la moitié des objets connectés du commerce. Une petite carte de bidouilleur avec de l'encre électronique collée dessus.

Résultat, une scène de firmwares alternatifs s'est montée en quelques mois et elle avance vite. Trois projets se partagent le terrain, et tous ne tournent pas sur la version Pro.

| Firmware | Sur la X4 Pro | Ce que ça apporte | |---|---|---| | CrossPoint | Oui, build dédié | Libre et gratuit. Dictionnaire, thèmes, remappage des boutons, interface en français, synchronisation de la progression | | Papyrix | Oui, binaire dédié | Libre et gratuit. Formats élargis (FB2, Markdown, HTML), intégration Calibre, installation possible par carte SD | | Snail OS | Pas encore, annoncé | Payant et fermé. Transforme l'appareil en mini-ordinateur : messages, agenda, météo, navigateur en texte brut, jeux |

Les deux premiers font le même travail : réparer le logiciel d'origine. Dictionnaire, polices correctes, français, et pour Papyrix la possibilité de flasher par carte SD, ce qui contourne élégamment le problème de connectique.

Snail OS joue une autre partition, et c'est là que ça devient amusant. Il ne cherche pas à faire une meilleure liseuse, il fait un petit ordinateur à encre électronique : vos messages, votre agenda, la météo, un navigateur en texte brut, un magasin d'applications, et même de quoi générer vos propres applications en Lua en les décrivant à un agent de code. Le modèle économique tranche avec le reste de la scène : 9 dollars le firmware seul, 139 l'appareil déjà flashé, et 4,99 par mois pour la synchronisation en Wi-Fi. Sur une machine à 99 dollars, l'abonnement se remarque.

Sauf qu'il ne tourne que sur les X3 et X4. Le support de la Pro est annoncé, pas disponible, et on devine pourquoi : l'installation réclame un câble de données, ce que les broches magnétiques de la Pro compliquent. Le renoncement à l'USB-C ne coûte pas qu'un câble à ne pas perdre, il retarde aussi l'accès aux logiciels les plus ambitieux. Le calendrier n'arrange rien : la X4, principal terrain de jeu de Snail OS, n'est plus fabriquée depuis août, ce qui ne laisse que la X3 à 69 dollars pour l'essayer sur du matériel neuf.

La bonne façon de lire tout ça : la X4 Pro sortie de sa boîte est une liseuse correcte au logiciel pauvre, mais c'est surtout une plateforme que d'autres font évoluer plus vite que son fabricant. À vous de voir si bricoler vous amuse, parce que la garantie, elle, ne suit pas.

Ce qu'elle coûte réellement, depuis la France

L'affichage annonce 99 dollars, environ 85 €. C'est le prix qu'on retient, et ce n'est pas celui qu'on paye.

Elle n'existe pas sur Amazon France. L'achat se fait en direct sur le site de la marque, avec une expédition depuis la Chine en 5 à 10 jours ouvrés. Il faut donc ajouter le port, la TVA à l'import de 20 % et les frais de dossier du transporteur. Une fois posée chez vous, comptez plutôt 110 à 120 €. (La TVA à l'import, elle, ne fait jamais de promotion.)

Le reste du contrat mérite d'être lu avant de valider le panier : garantie d'un an limitée à la carte mère et à l'écran, retours à votre charge sans étiquette prépayée, et 15 % de frais retenus si l'appareil revient marqué. Un SAV à l'autre bout du monde, avec ce que ça implique de délais.

Cette addition-là replace l'objet sur l'échelle des prix : à 110 €, vous êtes au niveau d'un Kindle de base, avec un écran 300 ppi contre 219, une boutique intégrée et un service client en France. Si vous hésitez encore, notre comparatif des liseuses remet les modèles classiques en perspective. La Xteink ne gagne que sur un seul terrain, mais elle le gagne sans discussion : le volume dans la poche.

Pour quel lecteur ?

C'est la question qui tranche tout, bien avant les caractéristiques techniques.

Xteink X4 Pro tenue à une main dans un salon d'aéroport, croquis affiché sur son écran e-ink

Une seule main suffit, et l'appareil disparaît dedans. C'est exactement le terrain sur lequel la X4 Pro gagne, et le seul.

Bibliothèque en EPUB libres
Sa cible exacte. Domaine public, éditeurs sans DRM, fichiers gérés sous Calibre : tout passe, et le format fait le reste.
Bibliothèque Kindle ou Kobo
Passez votre chemin. Vos achats ne s'ouvriront jamais dessus, et aucune mise à jour n'y changera quoi que ce soit.
Lecture du soir et déplacements
Là où l'éclairage frontal justifie son supplément. C'est le meilleur argument de la version Pro sur le modèle de base.

Le constat est net : la X4 Pro sert bien une population étroite mais réelle, celle qui lit en formats ouverts et qui veut lire dans les interstices de la journée. En dehors de ce profil, chaque euro sera mieux placé ailleurs.

Mon verdict

La Xteink X4 Pro n'est pas un gadget, et c'est ce qui surprend quand on creuse. C'est un objet mono-fonction cohérent, bien fini, qui tient exactement la promesse qu'il affiche : lire n'importe où sans rien porter. Le problème n'est jamais l'objet, ce sont ses conditions d'entrée. Trois renoncements, dont un seul suffit à disqualifier l'achat.

Elle est faite pour :

  • Les lecteurs dont la bibliothèque vit déjà en EPUB libres, rangée sous Calibre
  • Ceux qui veulent lire dans les interstices : transports, files d'attente, dix minutes volées
  • Qui cherche un objet sans application ni notification, pour décrocher du téléphone
  • Les voyageurs qui comptent les grammes et le volume dans le sac

Elle n'est pas faite pour :

  • Toute bibliothèque achetée chez Amazon ou Kobo, qu'elle n'ouvrira jamais
  • Les lecteurs de BD, de mangas et de PDF : 4,3 pouces, c'est trop petit
  • Qui veut brancher un câble USB-C standard et ne plus jamais y penser
  • Ceux que l'import, la douane et un service client lointain rebutent

Ce qu'on aime :

  • Le format, réellement de poche : 72 grammes qu'on finit par oublier.
  • L'éclairage frontal réglable en intensité et en température, qui rend l'objet utilisable le soir.
  • L'autonomie, qui se compte en semaines et non en jours.
  • Le parti pris mono-fonction, zéro application, zéro notification, zéro tentation.
  • La scène firmware, deux projets libres qui réparent gratuitement ce que le fabricant a bâclé.

Ce qu'on aime moins :

  • Le connecteur propriétaire, un câble aimanté minuscule à ne surtout pas perdre.
  • Le mur des DRM, qui écarte d'un coup la majorité des bibliothèques existantes.
  • Le logiciel d'origine, court sur les polices et sans dictionnaire.
  • Le prix réel, port et douane compris, qui la met au niveau d'un Kindle.

Si votre bibliothèque est libre et que vous lisez debout, dans les transports, par tranches de dix minutes, cet objet a du sens et vous ne le regretterez pas. Dans tous les autres cas, un Kindle Paperwhite fera mieux le travail pour le même budget, une fois la douane payée.

Questions fréquentes

Les réponses aux questions qu'on nous pose le plus souvent.

Non, et c'est le point qui décide de tout. La X4 Pro ne lit que l'EPUB et le TXT sans protection, plus quelques images. Vos achats Kindle sont protégés par des DRM Amazon, vos achats Kobo par des DRM Adobe : ni les uns ni les autres ne s'ouvriront dessus, et aucune mise à jour ne changera ça. L'appareil est pensé pour une bibliothèque personnelle en formats ouverts : domaine public, achats sans DRM, fichiers gérés sous Calibre. Si votre bibliothèque vit chez Amazon, regardez plutôt un Kindle.
Le prix affiché est de 99 dollars, soit environ 85 €. Mais elle part de Chine, donc il faut ajouter le port et la TVA à l'import de 20 %, plus les frais de dossier du transporteur. Une fois tout additionné, comptez autour de 110 à 120 € posés chez vous. À ce niveau, vous êtes au prix d'un Kindle de base avec son écran 300 ppi, sa boutique intégrée et son SAV en France. Le format de poche reste le seul argument qui justifie l'écart.
Attention au piège de vocabulaire, trois appareils se cachent derrière ces noms. La X4 d'origine, celle de tous les tests publiés en 2026, a été arrêtée le 12 août et n'est plus fabriquée. Ce qui la remplace au catalogue, c'est la X4 Classic V2 à 79 dollars : plus fine (4,9 mm), plus légère (68 g), plus réactive, mais sans éclairage ni écran tactile, et en rupture début septembre. La Pro, elle, ajoute l'éclairage frontal, le tactile et une batterie doublée à 1100 mAh. Si vous lisez le soir, au lit ou en avion, elle vaut ses 20 dollars de supplément. Si vous lisez dehors, la Classic V2 suffit, encore faut-il la trouver disponible.
Plusieurs semaines en lecture courante, même avec l'éclairage allumé. La batterie de 1100 mAh est deux fois plus grosse que celle du modèle de base, qui tenait déjà une quinzaine de jours. En pratique, on la recharge à peu près une fois par mois, ce qui est le rythme normal d'une liseuse e-ink. Le vrai risque n'est pas la panne sèche, c'est d'égarer le câble propriétaire qui sert à la recharger.
Deux chemins. Le plus simple est la carte microSD de 16 Go fournie : vous la sortez, vous la remplissez depuis l'ordinateur, vous la remettez. L'autre passe par le Wi-Fi, l'appareil se transformant en point d'accès auquel on se connecte pour déposer les fichiers. Le Wi-Fi ne sert qu'à ça : pas de navigateur, pas de boutique, pas de synchronisation avec un service en ligne. Calibre reste l'outil le plus confortable pour préparer une bibliothèque propre en amont.
Oui, et c'est même le sport national autour de cet appareil, qui embarque un microcontrôleur ESP32 plutôt qu'un système fermé. Deux firmwares libres et gratuits tournent aujourd'hui sur la Pro : CrossPoint et Papyrix, qui apportent tous deux le dictionnaire, les polices correctes et l'interface en français qui manquent d'origine. Snail OS, qui va beaucoup plus loin en transformant l'appareil en petit ordinateur (messages, agenda, navigateur), reste réservé aux X3 et X4, son support de la Pro étant annoncé mais pas disponible, et la X4 n'est elle-même plus fabriquée depuis août 2026. Attention : tout firmware non officiel annule la garantie Xteink.

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