Xteink X4 Pro
La Xteink X4 Pro est une liseuse de poche au sens strict : 72 grammes, 4,3 pouces, moins de 6 millimètres.
Une liseuse de 72 grammes qui se glisse dans un jean et se colle au dos d'un téléphone : sur le papier, l'objet est irrésistible. Avant de céder, il faut regarder ce qu'on accepte de perdre en échange.


La Xteink X4 Pro est une liseuse de poche au sens strict : 72 grammes, 4,3 pouces, moins de 6 millimètres.
La Xteink X4 Pro, c'est l'objet qu'on croise sur les réseaux tenu entre deux doigts, avec un commentaire du genre « j'ai arrêté de scroller grâce à ça ». Une liseuse de 4,3 pouces, 72 grammes, qui se glisse dans une poche de jean et se colle au dos d'un téléphone.
Mon angle, je vous le donne tout de suite : le format n'est pas le sujet. Je vis en sac à dos, je compte chaque gramme, et une liseuse de la taille d'un paquet de cartes coche évidemment toutes mes cases. Ce qui décide, ce sont les trois renoncements qu'il faut accepter en échange, et personne n'en parle avant l'achat.
Voici donc ce qu'elle vaut, ce qu'elle coûte réellement une fois posée chez vous, et pour qui elle est faite.
La liseuse format pocheLa Xteink X4 Pro tient dans une poche de jean, et pas au sens marketing du terme : 4,3 pouces d'encre électronique, 72 grammes, moins de 6 millimètres d'épaisseur. C'est une liseuse qui ne sait faire qu'une chose, lire, et c'est exactement le sujet.
Le plus simple, c'est de la décrire par ce qu'elle n'a pas. Pas d'applications, pas de boutique, pas de navigateur, pas de notifications. Le Wi-Fi est là, mais il ne sert qu'à transférer des fichiers. Vous allumez, vous lisez, vous éteignez.
Ce dépouillement, c'est ce qui permet le format. 111 × 69 millimètres, 5,95 d'épaisseur, 72 grammes : un Kindle Paperwhite pèse près du triple et demande une poche de manteau. La X4 Pro, elle, tient dans un jean sans qu'on la sente, et des aimants intégrés la fixent au dos d'un smartphone quand on veut l'avoir sous la main.
L'usage qu'elle vise n'est pas la lecture du dimanche après-midi dans un fauteuil. C'est la lecture opportuniste : les dix minutes dans le métro, la file d'attente, le café avant un rendez-vous. Ces moments où on sort son téléphone par réflexe. Si la Boox Palma 2 répond à ce besoin en ouvrant Android et en acceptant toutes les applications de lecture, la Xteink prend le pari inverse : elle ferme tout, et coûte trois fois moins cher.
La gamme X4 existait déjà, sans éclairage ni tactile. La Pro, sortie en juillet 2026, ajoute exactement ce qui manquait.
L'éclairage frontal réglable est le vrai apport, et il change la nature de l'objet. Intensité et température de couleur se dosent toutes les deux, ce qui reste rare dans cette gamme de prix. Sans lui, la liseuse était inutilisable dès que la lumière baissait, ce qui condamnait la moitié des usages de lecture (lire au lit, en avion, dans un train le soir). Avec, elle devient un vrai compagnon de fin de journée.
L'écran tactile arrive en renfort des boutons physiques, qui restent là. On appuie sur la moitié gauche ou droite de la dalle pour tourner les pages, et le geste devient naturel au bout de quelques minutes. La batterie double au passage, de 650 à 1100 mAh, ce qui absorbe sans peine le coût de l'éclairage : on reste sur plusieurs semaines entre deux charges.

Le tactile de la Pro sert d'abord à naviguer : on fait défiler les couvertures au doigt, avec le temps de lecture restant et la progression sous celle qui est ouverte.
Un mot sur le reste de la gamme, parce que la situation a bougé cet été. Xteink a annoncé le 12 août 2026 l'arrêt de la X4 d'origine, écoulée et non reconduite. Sa remplaçante, la X4 Classic V2 à 79 dollars, est elle aussi en rupture sur toutes ses finitions début septembre.
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La Pro se retrouve donc à peu près seule en rayon, ce qui simplifie le choix autant que ça réduit les options. Détail savoureux au passage : la X4 arrêtée était la dernière de la gamme à se recharger en USB-C (la marque est donc passée aux broches magnétiques en montant en version, drôle de façon de progresser).
Voilà le point qui élimine la majorité des acheteurs potentiels, et il vaut mieux le savoir maintenant que le découvrir en déballant le colis.
La X4 Pro lit l'EPUB et le TXT sans protection, plus quelques formats d'image. C'est tout. Ni MOBI, ni PDF natif, et surtout aucun fichier protégé. Vos achats Kindle sont verrouillés par les DRM d'Amazon, vos achats Kobo par ceux d'Adobe : les deux resteront fermés sur cet appareil, définitivement.
Ce n'est pas un défaut de jeunesse qu'une mise à jour corrigera. C'est la définition même de l'objet : une liseuse pour une bibliothèque personnelle en formats ouverts. Le domaine public via Project Gutenberg ou Gallica, les achats chez les éditeurs qui vendent sans DRM, les fichiers rangés sous Calibre. Dans ce cadre, elle fonctionne parfaitement.
Deuxième conséquence du format : à 4,3 pouces, la BD, le manga et le PDF sont hors sujet. C'est une liseuse à romans, et à texte uniquement.
C'est le reproche numéro un des possesseurs, et il est mérité. La X4 Pro ne se recharge pas en USB-C. Elle utilise un connecteur magnétique à broches avec un câble propriétaire fourni, petit, qui se détache au moindre mouvement et se perd très bien tout seul (le genre d'objet qu'on retrouve six mois plus tard au fond d'un sac, une fois qu'on en a racheté un).
Le modèle de base était pourtant en USB-C. Le passage aux broches sur la version Pro est un choix de conception qui pose deux problèmes concrets : vous ne pouvez pas emprunter le câble de quelqu'un d'autre, et vous ne pouvez pas la charger avec la batterie externe et le câble que vous avez déjà dans le sac. Pour un objet dont l'argument principal est de vous suivre partout, c'est une contradiction.
Notons au passage que la réglementation européenne impose l'USB-C sur les appareils électroniques depuis fin 2024, ce qui place ce choix dans une zone inconfortable pour une commercialisation dans l'Union.
Le logiciel installé par défaut fait le minimum, parfois moins. Deux polices seulement, des tailles de caractères peu généreuses, et pas de dictionnaire intégré. Les mises à jour récentes ont amélioré les choses (césure, italiques, une quinzaine de langues d'interface, jusqu'à cent marque-pages), mais on reste sur une base pauvre.
Rien de rédhibitoire pour enchaîner des romans. Juste de quoi comprendre pourquoi ce logiciel se fait remplacer aussi souvent.
Voilà ce qui rend cet objet plus intéressant qu'il n'en a l'air. Sous la dalle, il n'y a pas le système fermé d'un fabricant de liseuses : il y a un ESP32, le microcontrôleur à quelques euros qu'on retrouve dans la moitié des objets connectés du commerce. Une petite carte de bidouilleur avec de l'encre électronique collée dessus.
Résultat, une scène de firmwares alternatifs s'est montée en quelques mois et elle avance vite. Trois projets se partagent le terrain, et tous ne tournent pas sur la version Pro.
| Firmware | Sur la X4 Pro | Ce que ça apporte | |---|---|---| | CrossPoint | Oui, build dédié | Libre et gratuit. Dictionnaire, thèmes, remappage des boutons, interface en français, synchronisation de la progression | | Papyrix | Oui, binaire dédié | Libre et gratuit. Formats élargis (FB2, Markdown, HTML), intégration Calibre, installation possible par carte SD | | Snail OS | Pas encore, annoncé | Payant et fermé. Transforme l'appareil en mini-ordinateur : messages, agenda, météo, navigateur en texte brut, jeux |
Les deux premiers font le même travail : réparer le logiciel d'origine. Dictionnaire, polices correctes, français, et pour Papyrix la possibilité de flasher par carte SD, ce qui contourne élégamment le problème de connectique.
Snail OS joue une autre partition, et c'est là que ça devient amusant. Il ne cherche pas à faire une meilleure liseuse, il fait un petit ordinateur à encre électronique : vos messages, votre agenda, la météo, un navigateur en texte brut, un magasin d'applications, et même de quoi générer vos propres applications en Lua en les décrivant à un agent de code. Le modèle économique tranche avec le reste de la scène : 9 dollars le firmware seul, 139 l'appareil déjà flashé, et 4,99 par mois pour la synchronisation en Wi-Fi. Sur une machine à 99 dollars, l'abonnement se remarque.
Sauf qu'il ne tourne que sur les X3 et X4. Le support de la Pro est annoncé, pas disponible, et on devine pourquoi : l'installation réclame un câble de données, ce que les broches magnétiques de la Pro compliquent. Le renoncement à l'USB-C ne coûte pas qu'un câble à ne pas perdre, il retarde aussi l'accès aux logiciels les plus ambitieux. Le calendrier n'arrange rien : la X4, principal terrain de jeu de Snail OS, n'est plus fabriquée depuis août, ce qui ne laisse que la X3 à 69 dollars pour l'essayer sur du matériel neuf.
La bonne façon de lire tout ça : la X4 Pro sortie de sa boîte est une liseuse correcte au logiciel pauvre, mais c'est surtout une plateforme que d'autres font évoluer plus vite que son fabricant. À vous de voir si bricoler vous amuse, parce que la garantie, elle, ne suit pas.
L'affichage annonce 99 dollars, environ 85 €. C'est le prix qu'on retient, et ce n'est pas celui qu'on paye.
Elle n'existe pas sur Amazon France. L'achat se fait en direct sur le site de la marque, avec une expédition depuis la Chine en 5 à 10 jours ouvrés. Il faut donc ajouter le port, la TVA à l'import de 20 % et les frais de dossier du transporteur. Une fois posée chez vous, comptez plutôt 110 à 120 €. (La TVA à l'import, elle, ne fait jamais de promotion.)
Le reste du contrat mérite d'être lu avant de valider le panier : garantie d'un an limitée à la carte mère et à l'écran, retours à votre charge sans étiquette prépayée, et 15 % de frais retenus si l'appareil revient marqué. Un SAV à l'autre bout du monde, avec ce que ça implique de délais.
Cette addition-là replace l'objet sur l'échelle des prix : à 110 €, vous êtes au niveau d'un Kindle de base, avec un écran 300 ppi contre 219, une boutique intégrée et un service client en France. Si vous hésitez encore, notre comparatif des liseuses remet les modèles classiques en perspective. La Xteink ne gagne que sur un seul terrain, mais elle le gagne sans discussion : le volume dans la poche.
C'est la question qui tranche tout, bien avant les caractéristiques techniques.

Une seule main suffit, et l'appareil disparaît dedans. C'est exactement le terrain sur lequel la X4 Pro gagne, et le seul.
Le constat est net : la X4 Pro sert bien une population étroite mais réelle, celle qui lit en formats ouverts et qui veut lire dans les interstices de la journée. En dehors de ce profil, chaque euro sera mieux placé ailleurs.
La Xteink X4 Pro n'est pas un gadget, et c'est ce qui surprend quand on creuse. C'est un objet mono-fonction cohérent, bien fini, qui tient exactement la promesse qu'il affiche : lire n'importe où sans rien porter. Le problème n'est jamais l'objet, ce sont ses conditions d'entrée. Trois renoncements, dont un seul suffit à disqualifier l'achat.
Elle est faite pour :
Elle n'est pas faite pour :
Ce qu'on aime :
Ce qu'on aime moins :
Si votre bibliothèque est libre et que vous lisez debout, dans les transports, par tranches de dix minutes, cet objet a du sens et vous ne le regretterez pas. Dans tous les autres cas, un Kindle Paperwhite fera mieux le travail pour le même budget, une fois la douane payée.
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